porter un enfant dans ses bras: un chemin vers l'autonomie

Porter un enfant: un chemin vers l’autonomie

Notre société est actuellement témoin d’une nouvelle forme de parentalité. En effet, les parents d’aujourd’hui sont de plus en plus à l’écoute des besoins de leurs enfants. Cela est dû, notamment, aux recherches en neuroscience. Ils cherchent à répondre au mieux aux besoins de contact et de sécurité affective des bébés.

Porter un enfant est une pratique de maternage proximale de plus en plus adoptée par les parents. Elle a de nombreux bénéfices pour l’enfant, pour son parent et pour toutes les personnes qui vont s’en occuper. En effet, porter un enfant est essentiel. Cela crée du lien, rassure et met en confiance. Le portage contribue également à l’autonomie et à l’épanouissement de l’enfant.

De la phase dans les bras aux premiers déplacements

Prolonger l’expérience dans le ventre après la naissance

Porter un enfant, c’est l’envelopper tout contre soi, avoir le sentiment de ne faire qu’un. Le porter dans ses bras c’est l’aider à se rassembler. C’est assurer une continuité à celui qui a d’abord été porté pendant neuf mois dans le ventre de sa maman. C’est aussi lui permettre de se sentir exister. Enroulé, dans les bras de ses parents, les yeux dans les yeux, petit à petit émerge le sentiment d’être et d’être en relation avec l’autre. Ces premiers mois de portage sont essentiels. Cette expérience répétée va permettre au bébé de prendre conscience qu’il existe comme individu à part entière.

Procurer à l’enfant un sentiment de sécurité pour se sentir exister

Le portage contient et procure un sentiment de sécurité. Ainsi, il assure un sentiment de continuité d’exister qui est à la base de sa santé psychique. Quand le bébé se sent en sécurité, et de façon continue, quel que soit l’environnement dans lequel il évolue, il va pouvoir aller aisément vers le monde extérieur. C’est alors à travers le portage que le bébé va découvrir le monde qui l’entoure. Ainsi, l’enfant peut ressentir chaque partie de son corps. Ce contact répond à un besoin fondamental qu’a le petit humain. Cela permet à l’enfant de vivre ses premières expériences dans l’étreinte sécurisante de sa maman ou de son papa. Dans les bras de l’adulte qui le porte, tous ces sens sont en éveils. Il a le contact nécessaire pour se sentir exister. Une mémoire olfactive se crée. Cela procure beaucoup de joie au bébé et le rassure.

Un bébé bien tenu dans les bras, en enroulement, bien sécurisé dans son dos, au niveau de sa nuque et de son bassin aura construit ce qu’on appelle la sécurité de base

Un bébé bien tenu dans les bras, en enroulement, bien sécurisé dans son dos, au niveau de sa nuque et de son bassin aura construit ce qu’on appelle la sécurité de base. Il s’agit d’un sentiment continu d’exister qui permet de se sentir rassemblé et apaisé dans son corps.

Pour aller plus loin, lisez l’encadré sur la théorie de l’attachement ci dessous.

John BOWLBY et Mary AINSWORTH, ont tous les deux élaboré et développé La théorie de l’attachement

Pour John BOWLBY, psychiatre et psychanalyste, le lien mère enfant ne peut être expliqué uniquement par la satisfaction de la faim mais aussi par la capacité de la mère à satisfaire le besoin de contact de l’enfant. Ces travaux mettent en évidence que le lien d’attachement, entre l’enfant et sa mère, est l’expression d’un besoin social primaire qui se manifeste à travers divers comportements adoptés par l’enfant pour entrer en relation avec elle. Ainsi par le fait de téter, de la suivre des yeux, de s’agripper à elle, de signaler ses besoins de soins, en pleurant par exemple, le bébé maintient sa mère à proximité et en communication avec elle. Ce sont des conduites innées.

Ainsi, pour qu’un jeune enfant puisse connaître un développement social et émotionnel équilibré, il doit pouvoir construire une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue (ce que Bowlby nomme le «caregiver»). Il s’agit de la mère ou d’un autre adulte référent que l’on appelle aussi figure d’attachement qui deviendra une base de sécurité pour l’enfant. Ce lien d’attachement s’élabore dans la durée, la disponibilité et la qualité des soins.

Mary AINSWORTH, psychologue du développement, étoffera la théorie de l’attachement en y ajoutant la notion d’attachement “sécure” ou “insécure”. Pour elle, c’est la qualité des soins reçus par l’enfant, dans sa toute petite enfance, qui déterminera le type d’attachement développé par l’enfant.

Porter l’enfant pour tisser une relation de confiance

Petit à petit, l’enfant crée du lien avec l’adulte qui le porte. Et de la, va naître une relation de confiance. L’adulte et l’enfant, tout comme le petit prince et le renard s’apprivoise l’un l’autre. C’est une rencontre unique. L’adulte porte l’enfant pour le bercer, l’embrasser, le nourrir. Il lui apporte les soins nécessaires, lui permet de se déplacer, le met à l’abri et le protège. Porter contre soi procure une proximité corporelle à l’enfant qui lui apporte sécurité, chaleur, confort et assurance. L’enveloppe corporelle apportée par les bras et les mains de ses parents lui assure soutien, appuis et sensation de contenance. Cela va l’aider également à lutter contre l’effet de pesanteur et à prendre conscience de ses limites corporelles.

Porter un enfant permet de créer un lien d’attachement sécurisant avec lui ainsi qu'une relation de confiance
Porter un enfant permet de créer un lien d’attachement sécurisant et tisse une relation de confiance

Créer un lien d’attachement pour mieux se séparer et devenir indépendant

Porter l’enfant, c’est créer du lien, être en relation avec lui. Un portage ajusté à l’enfant participe à la mise en place d’un attachement sécurisé. Voilà pourquoi, lorsque l’enfant est bien ancré auprès de sa figure d’attachement, son sentiment de sécurité interne se consolide. Cela le préparera progressivement à l’indispensable séparation. C’est passer de l’état de fusion à l’état d’indépendance. Nous lui apportons la sécurité affective et la confiance en lui nécessaire pour qu’il puisse plus tard se tourner vers le monde extérieur. Il pourra ainsi vaquer tranquillement à ses occupations. C’est le point de départ du mouvement d’exploration chez l’enfant et cela va stimuler son autonomie. Cela lui permettra également de déployer les stratégies nécessaires pour s’adapter à son environnement.

Samuel et Nathan ont été des bébés puis des bambins particulièrement calmes posés, apaisés et rieurs. Cela a d’ailleurs souvent interpellé nos amis et parfois mêmes des personnes inconnues que nous sommes amenés à rencontrer. Nombreux sont ceux qui nous le faisaient remarquer. Un ami nous a dit un jour sur le ton de la plaisanterie : “Une bombe pourrait exploser, rien, absolument rien, ne perturberait Nathan. Cela montrait bien à quel point il était calme et serein.
Ces deux bébés zen ont deux points communs: ils ont été beaucoup portés et longuement allaités. Nous avons ainsi pu, leur procurer le contact nécessaire et répondre à leur besoin d’attachement. Cette attention, que nous leur avons porté, leur a permis de vivre ces longs mois en toute sérénité. Nous avons tenté toutefois de ne pas la centrer uniquement sur eux, notamment avec notre aîné. Cela était parfois compliqué, du fait qu’il ait été pendant trois ans le seul enfant de notre clan. Nous avons tenté de rester disponible quand il avait besoin d’aide ou de réconfort, sans le surprotéger. Nous l’avons toujours considéré comme une personne à part entière, libre de ses mouvements
. En toute confiance, nous le laissions être à l’initiative de ses actions et évoluer à son rythme. Puis, vers 2 ans et demi les choses ont évolués. Il affirmait alors son besoin d’indépendance. Nous allions vivre une nouvelle étape de la parentalité.

Pour pouvoir se séparer et s’individuer, il faut donc, avant toute chose, avoir été en relation. La qualité de cette relation détermine la qualité de la sécurité interne du petit homme en devenir. Le portage est donc une pratique de maternage proximal qui consiste à être totalement à l’écoute des besoins du bébé. Il va ainsi contribuer à favoriser cette relation de qualité. Grâce à lui, le parent ou l’adulte référent va pouvoir répondre à son besoin de contact et d’attachement. J’aurai l’occasion de vous reparler de cette notion de maternage proximal et de théorie de l’attachement dans de prochains articles.

Quand porter un enfant lui permet de se décharger de l’énergie accumulée.

Etre porté par une personne active permet au bébé de se décharger de l’excédent d’énergie. Il se libère ainsi de ce surplus. Cela a pour effet de calmer l’enfant, assoupli son corps, le détend. Il est facile à prendre et ne présente aucune résistance quand on souhaite le porter. Un bébé qui n’a pas été suffisamment porté pleure ou cri davantage. Il agite les bras et se raidit. Cela nécessite parfois beaucoup d’attention pour les apaiser, et maîtriser son corps. Il est comme surexcité. Et lorsqu’on essaie de les porter dans ces moments-là, ils restent souvent tendus et essaient de se libérer de leur inconfort. Ils plient les jambes, se cambrent et gesticulent nerveusement. Bien qu’ils expriment ainsi leur plaisir, ils essaient de décharger la tension qui s’accumule en eux car ils absorbent plus d’énergie qu’il ne peuvent en contenir.

Porter un enfant c’est avant tout le porter psychiquement

L’enfant, d’abord porté dans le ventre

Porter un enfant c’est le porter physiquement mais c’est avant tout le porter psychiquement. Et oui ! Car avant même qu’il ne naisse, chaque parent imagine son bébé. Dans le ventre de sa maman, déjà, le bébé qui grandit, un peu plus chaque jour, est considéré comme un être à part entière. C’est un être de sensations et d’émotions. Pendant la grossesse, le bébé imaginaire est porté par la mère et aussi par le père dans une enveloppe psychique. Cela va préparer l’arrivée de cet enfant à la fois encore étranger et déjà familier.

Pendant la grossesse, le bébé imaginaire est porté par la mère dans une enveloppe psychique
Pendant la grossesse, le bébé imaginaire est porté par la mère dans une enveloppe psychique

Ainsi, les parents se projettent une représentation du futur bébé afin de mieux se préparer dans ce nouveau rôle. Le couple parental le porte en parlant de lui et de ses besoins. On lui fait une place au sein du foyer. On imagine ce qui va le distinguer : un trait de caractère, un aspect physique héréditaire. Dès la première échographie, ses traits se dessinent. On dit de lui qu’il aura les yeux de son papa et le nez de sa maman. On lui achète ses premiers vêtements, un jouet, un berceau. Cela va progressivement préparer son arriver et l’accueillir.

L’état émotionnel du porteur détermine celui de l’enfant

L’état émotionnel de la personne qui porte le bébé va jouer un rôle très important. Il va influencer la manière dont il va se sentir porté. Le portage psychique va même déterminer le portage physique. Ainsi, lorsqu’une pensée extérieure vient envahir notre esprit et qu’il échappe au moment présent le bébé le ressent. Si cette pensée nous préoccupe ou nous inquiète, alors le bébé, comme une éponge, va absorber ce que nous ressentons. Il pourrait lui aussi se sentir instable ou insécurisé à son tour.

Quand nous avons commencé le sevrage de Samuel la nuit, Guillaume a pris le relais auprès de lui. Au départ, bercé dans les bras de son papa, il pleurait à chaudes larmes et ne parvenait pas à s’apaiser. Ses pleurs s’intensifiaient sans relâche, et m’étaient devenus insoutenables. Le scénario s’enlisait. Désemparée, j’enfonçais alors mon oreiller sur mes oreilles pour tenter de diminuer le volume sonore. J’essayais ainsi de résister à l’envie de me lever, pour l’arracher des bras de son père et le réconforter. Guillaume, de son côté, se sentait impuissant face à cette situation. Il avait le sentiment que son bébé était accro à sa mère et que rien ne pouvait y faire. Cette nuit là, Samuel a fini par s’endormir d’épuisement dans un état d’insécurité inévitable.

Le jour suivant, il fallait que ça change! Cette situation ne pouvait pas recommencer! Deux choix s’offraient à nous. Soit nous remettions ce projet à plus tard, soit nous allions au bout des choses, en tentant de rassurer notre enfant.

Nous avons finalement décidé de nous accorder quelques jours de répit. Pendant ce temps là, nous nous préparions tous les trois à vivre cette étape. J’ai alors par à Samuel aux côté de Guillaume. Je lui ai expliqué comment nous allions l’accompagner, pas à pas. Chaque jour et chaque nuit, je lui ai murmuré des mots doux au creux de l’oreille. Je lui ai dit que j’avais confiance en lui et en son papa. Je lui ai dit que j’étais toujours là, tout près de lui, et qu’il pourrait dormir en toute sécurité. Il savait alors que s’il avait besoin de nous, il pouvait compter sur nous. Je lui ai transmis de la sérénité et l’ai enveloppé par la pensée. Ces mots déposés avec justesse, nous réconfortaient tous. Je me suis sentie tout à coup apaisée et prête à vivre la grande aventure.

Le soir suivant, après une dernière tétée, j’ai confié Samuel dans les bras de son papa. Il a pleuré les premières nuits, mais dans une atmosphère détendue et propice à un endormissement sécurisé. Au fil des jours, les pleurs ce sont atténués. Une semaine plus tard, Samuel s’endormait dans son lit, la main de son papa posée juste sur lui. Il s’est senti ainsi suffisamment enveloppé et accompagné.

Comme vous l’avez vu au fil de cet exemple, porter un bébé, c’est avant tout le porter dans sa tête. Et oui, j’ai bien dit dans sa tête!

Porter l’enfant dans sa tête

Contenir l’enfant en posant sur lui un regard rassurant.

Porter un enfant dans sa tête, cela signifie être avec lui, être présent, être attentif à ce qu’il fait et à qui il est. Il s’agit alors de lui apporter toute son attention, je dis bien toute son attention en étant présent psychiquement! Porter un enfant dans sa tête, cela signifie le porter par le regard. C’est se placer en position d’observateur, et l’accompagner d’un regard bienveillant et contenant.

Observer l’enfant et adapter son attitude pour être au plus proche de ses besoins.

Porter un enfant dans sa tête c’est le porter par la pensée. C’est suivre des yeux chacun de ses gestes, et savoir ressentir les émotions qu’il vit à chaque instant. Cela permet de l’accompagner dans ses découvertes de la façon la plus adaptée possible et de savoir à quel moment répondre à un besoin. L’accroche visuelle fait partie des premiers signes de communication non-verbale avec autrui.

Porter l’enfant favorise son autonomie et son épanouissement

Plus l’adulte va regarder l’enfant qu’il accompagne, plus il va lui accorder de la place et ancrer dans la réalité son existence. Cela va lui permettre d’agir seul, en toute confiance, sans faire à sa place et tout en restant suffisamment proche de lui. Cette juste distance est en permanence réajustée. Cela permet à l’enfant de se sentir exister aux yeux de l’adulte qui l’accompagne. Ca le met en confiance et l’encourage sans même avoir besoin d’entendre sa voix. C’est lui donner l’assurance nécessaire pour vivre ses expériences et s’ouvrir au monde qui l’entoure, l’accompagner pour qu’il trouve les ressources nécessaires pour répondre et réagir aux situations difficiles.

Un après-midi, j’accompagne mon fils de quatre ans au square. Ce jour-là, il s’essaye à une nouvelle structure de motricité. Cela va lui demander davantage de concentration qu’habituellement et de  jongler entre équilibre et coordination. Je m’installe à quelques mètres de lui, et l’observe attentivement. A un moment d’hésitation,  il vient chercher dans mon regard : le soutien nécessaire pour poursuivre l’expérience en toute confiance. C‘est ce qui va lui donner la force de  trouver par lui-même le moyen d’aller au bout des choses et d’accomplir cette activité. 

Intervenir seulement quand c’est indispensable

Ainsi, si l’adulte qui accompagne un enfant, le porte dans sa tête avec justesse il n’interviendra auprès de lui seulement quand cela sera nécessaire et s’il lui fait signe qu’il a besoin d’aide. Cela signifie accompagner l’enfant sans dire un mot, juste en le regardant attentivement. Alors je vous invite vraiment à essayer dans la mesure du possible d’en tenir compte. Vous savez désormais que chaque intervention inutile est une entrave au bon développement de l’enfant.

Ce qu’il faut retenir

Aujourd’hui, il est encore commun de penser que si l’on porte trop un enfant, cela l’empêchera de devenir indépendant. Or, le portage est une pratique de maternage proximal qui participe à la création du lien d’attachement entre l’enfant porté et son porteur. Ce lien, ainsi renforcé, va contribuer à son autonomie, et à son épanouissement.

Il existe une double dimension physique et psychique de porter un enfant. Dans les bras, le bébé ainsi enveloppé est toujours dans un état de bonheur absolu. Lorsqu’il est porté par la pensée, cela le contient, le rassure et crée de la confiance en lui pour aller explorer le monde qui l’entoure.

Porter son bébé pendant sa première année de vie jette les bases de son intégration dans la société et contribuera à faire de lui une personne coopérante et heureuse. La nature de l’enfant veut qu’il soit auprès de ses parents et des personnes qui s’en occupent en leur absence. Alors respectons le pour suivre son continuum et découvrir en nous un énorme potentiel de bonheur.

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7 commentaires

  1. merci pour ce super article, notre princesse arrive en mai : j’ai hâte (et un peu peur) de vivre tout cela ! je me mets l’article de côté pour ne pas oublier vos précieux conseils !

    1. Merci pour ton commentaire Helena! Toutes mes félicitations! Et bienvenue dans l’univers de la parentalité! Ton appréhension est légitime, je suis sûre que tu seras une super maman! c’est une aventure incroyable!

  2. Louise Gaentzhirt a dit :

    Superbe article qui fait la lumière sur le fameux portage et ses implications. Merci pour tes précieux conseils. Hâte de lire les prochains articles de ce blog 😉

    1. Merci beaucoup Louise et ravie que mon article t’ait plu et qu’il puisse t’apporter des conseils qui te soient utiles.

  3. Merci Louise! Je suis contente que mon article te plaise!

  4. Très bel article que tout jeune parent devrait pouvoir brandir à toutes les personnes qui lui diront “pose le, tu vas l’habituer à être tout le temps dans les bras, ce n’est pas bon, il ne te lâchera jamais”…

    1. Merci beaucoup! en effet, nous vivons dans une société où l’on craint souvent de donner de mauvaises habitudes! Mais cela va évoluer j’en suis sûre!

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